5.1.4 La prévention et la protection 3

    5.1.4 La prévention et la protection 3

    17/12/2021 Alexandre AMJT 1 Aucun commentaire

    Peut-on prévoir la mise en place d’une tarification dynamique ? 2


     

    Prenons l’exemple de lentilles de contact qui soient capables de mesurer, en continu, la glycémie de sujets diabétiques et de transmettre en temps réel à l’assureur des données sur l’état de santé général de l’assuré.
    Ces informations permettraient aux sociétés d’assurance d’évaluer plus finement les risques et de définir leurs tarifs en conséquence tout en profitant à l’assuré, qui appréciera d’être alerté dans les plus brefs délais s’il a besoin d’insuline ou s’il est en état d’hyperglycémie.
     
    Toutefois, une telle tarification de prime modulable en fonction de la santé des assurés n’est, pour l’heure, pas envisageable en France, conformément à
    – la loi sur le secret médical ;
    – la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978 qui vise à encadrer l’exploitation des données sensibles ;
    – la loi du droit à l’oubli publiée le 14/02/2017 qui vise à protéger les anciens malades du cancer et de l’hépatite C.
     
    Enfin, on peut également citer l’émergence du « Big data » qui, jumelé avec les grandes quantités de données récoltées par ces dispositifs pourraient fournir aux assureurs des données statistiques pertinentes pour détecter par exemple la diffusion d’épidémies et en contrôler les risques.
    Les objets connectés permettent donc aux assureurs d’améliorer l’appréhension des risques grâce à la gestion dynamique et à l’individualisation de prime que permet L’Iot. Ces objets connectés sont également pratiques pour le consommateur grâce à leurs aspects innovants et ludiques. Un tableau idyllique en somme. Cependant, l’arrivée des objets connectés soulève également quelques craintes légitimes tant du côté des assurés que du côté des assureurs.

     


    Quid de la protection des données ?


     

    La collecte massive des données issues des objets connectés est l’une des principales craintes des assurés qui s’inquiètent du respect de leur vie privée. En effet, il se pose la question de la confidentialité et de la protection des données personnelles des assurés qui sont analysées par les assureurs. Ces derniers ne vont-ils pas être séduits par la revente d’une partie de leurs données à d’autres annonceurs, compte tenu des possibilités économiques qu’elles représentent ?
    Même si aujourd’hui, nous le verrons ultérieurement, l’utilisation des données par les assureurs est strictement encadrée par la loi, il n’en reste pas moins que la question de la façon dont sont gérées et utilisées ces données peut constituer un frein, ou au moins une interrogation pour les assurés.
     
    Au-delà du respect de la vie privée, les utilisateurs d’objets connectés sont également inquiets quant aux piratages de leurs objets connectés qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur leurs activités quotidiennes. En effet, les actualités toujours plus nombreuses en lien avec le piratage ou le vol d’informations sensibles rendent les usagers frileux quant à l’arrivée des objets connectés dans leur quotidien. Entre l’objet connecté et l’assuré, n’importe quelle personne malveillante peut se glisser pour « tout voir », « tout entendre », « tout enregistrer », « tout utiliser ». Cet intrus, est, ce que l’on appelle un pirate informatique ou «hacker» (du terme anglais «hacking», bidouiller).
    Il va pouvoir à travers un ou plusieurs objets connectés usurper l’identité de l’assuré pour commettre de multiples escroqueries : fraudes à la carte bancaire, vols, sabotages de données et de réseaux… Cette « cybercriminalité » se développe ainsi de manière proportionnelle aux objets mis à la disposition des assurés.
    Le Hacker peut même aller plus loin en prenant le contrôle d’un véhicule autonome et en mettant ainsi directement en danger la vie de l’assuré. On peut prendre l’exemple du véhicule autonome de la société UBER qui a fait plusieurs morts après que ce dernier ait percuté plusieurs personnes aux Etats-Unis montrant ainsi que si le système tend à minimiser les risques, ces actualités ont tendance à freiner l’arrivée du véhicule autonome.
     
    Les sociétés d’assurance doivent donc s’interroger et trouver des solutions efficaces afin d’apporter des réponses claires aux assurés quant à la protection des données en leur expliquant que les bénéfices apportés par l’utilisation d’objets connectés seront supérieurs aux inconvénients qu’ils représentent pour leur vie privée.

     


    Quel est l’accueil des assurés vis-à-vis des nouvelles techniques d’appréhension du risque ?


     

    La réticence des assurés envers ces nouvelles techniques d’appréhension du risque est encore importante. Ces derniers ne sont pas encore majoritaires à accepter l’émergence d’assurances comportementales centrées sur l’individu afin de faire évoluer la prime d’assurance. Les clients sont en effet réticents quant au partage de leurs informations dans ce sens.
    Le risque est que l’assuré se sente espionné, tracké par son assureur et fausse ainsi son comportement dans le but de bénéficier de baisse de prime importante. De quels moyens disposeront les assureurs pour lutter contre cette fraude ? L’utilisateur pourrait, par exemple, prêter son bracelet électronique à une personne en meilleure santé afin de diminuer sa prime d’assurance.
    On peut également s’interroger sur la souscription d’assuré présentant un risque plus important que les autres (mauvais conducteur, mauvaise santé, pas de système de protection dans l’habitat). Il sera compliqué pour l’assureur de les faire souscrire aux offres connectées en raison des seuls avantages ludiques que permettent ces derniers.
     
    Avec cette logique, les risques ne seront plus répartis et la mutualité peut alors être grandement fragilisée. En effet l’assureur qui ne basera pas ses tarifs sur l’analyse individualisée des risques se verra confronté à une clientèle dite « à risque » désirant éviter la tarification dynamique tout en voyant partir sa clientèle le moins à risque, désireuse elle, de bénéficier de réduction de prime, chez des concurrents proposant des offres connectées.
     
    C’est également d’un point de vue économique que l’usage de ces objets peut poser un problème.
    En effet ces objets connectés représentent un coût d’acquisition important et notamment dans le domaine de la santé où l’assureur ne peut, à lui seul, prendre en charge ces frais dans une logique de rentabilité. En effet, dans cette hypothèse, les risques diminueraient avec la prévention mais parallèlement, les coûts de fonctionnement des assureurs augmenteraient.
    Il conviendrait donc que des négociations soient ouvertes entre les assureurs et les caisses d’Assurance Maladie, pour déterminer les modalités de prise en charge de tout ou partie des frais relatifs à l’acquisition de ces objets connectés.
    Certains objets connectés sont déjà pris en charge par la Sécurité Sociale, mais ces prises en charges restent encore très marginales (lecteurs de glycémie, d’électrodes, de bandelettes et de capteurs, de stylos injecteurs, d’appareils de mesure de la coagulation, débitmètres de pointe), dans la mesure où l’objet connecté doit être prescrit par un médecin et être inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR).
     
    Du point de vue de l’assureur, l’arrivée des objets connectés n’est pas uniquement synonyme d’avantages, les assureurs devront en effet faire face à un certain nombre de défis, s’ils veulent s’appuyer sur les objets connectés afin de mieux évaluer les risques.

     

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